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	<title>Maxime Leroy</title>
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	<description>Interaction and Service Design student</description>
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		<title>Chapitre I &#8211; Rachidator</title>
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		<comments>http://www.maximeleroy.com/2011/chapitre-1-rachidator/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 20 Dec 2011 16:19:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maxime</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[fiction]]></category>
		<category><![CDATA[politics]]></category>
		<category><![CDATA[social media]]></category>

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		<description><![CDATA[Le premier chapitre d'un recueil de nouvelles en cours d'écriture. Il aborde, par la fiction et une bonne dose d'humour et de prospective, l'usage des nouvelles technologies dans la campagne présidentielle de 2017.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="intro">
<p>Ceci est le premier chapitre d&#8217;un recueil de nouvelles en cours d&#8217;écriture avec deux amis. Il aborde, par la fiction et une bonne dose d&#8217;humour et de prospective, l&#8217;usage des nouvelles technologies dans la campagne présidentielle de 2017. Je livre ici cette version, encore à l&#8217;ébauche, dans l&#8217;impatience de recevoir vos retours sur <a href="http://twitter.com/macsym" title="Twitter @macsym" target="_blank">@macsym</a> ou <a href="http://www.facebook.com/macsym" title="Facebook" target="_blank">Facebook</a> !</p>
</div>
<div class="sep"></div>
<div class="two-col">
<p>«Éric je te le redis je suis sceptique. C’est impossible ce que tu me demandes de faire là.<br />
— Attends, attends, tu parles de quoi là ? J’ai la tête dans les réseaux sociaux depuis tout à l’heure. Tu me dis quoi ? Je ne t’ai pas suivi.<br />
— Le discours. Comment veux-tu que je propose un paragraphe de transition sur l’agriculture juste après la situation des banlieues ?<br />
— C’est pas une transition. Je t’ai dit, celui-là, c’est un alternatif justement, un paragraphe de sauvetage. On l’a fait parler des banlieues, et si ça marche, on continue sur le contrat Espoir des jeunes issus de l’éducation en ZEP.<br />
A contrario, si on a trop de pollution sur les réseaux sociaux on la fait passer sur l’agriculture comme enjeu de santé le plus rapidement possible ! Pour l’instant j’ai rien d’alarmant, mais je préfère que tu nous prépares à tout ok ?<br />
— Oui oui, je sais bien que c’est à écrire comme une transition de langage, mais bon tu la vois toi passer de l’égalité des chances aux cantines bio pour les mioches ?<br />
— Et toi Arthur, tu la voyais capable de balancer le nom du père de son gosse, en direct de la Grande Chronique ? Un mois avant son élection ? Donc je te le dis : plus on écrit, moins elle se plante. Crois moi c’est mieux pour tout le monde.»</p>
</div>
<div class="sep"></div>
<div class="bigpicture"><img src="http://www.maximeleroy.com/wp-content/uploads/2011/12/rachidator-11-680x470.jpg" alt="La Grande Chronique, sous le choc, deux ans plus tôt." title="rachidator-1" width="680" height="470" /><br />La Grande Chronique, sous le choc, deux ans plus tôt. (<a href="http://www.flickr.com/photos/21155069@N06/2513741825/in/photostream/" target="_blank">Source</a>)</div>
<div class="sep"></div>
<div class="two-col">
<p>Un homme averti en vaut deux : le motto du cabinet pour dire vrai. Depuis qu’elle a annoncé sa candidature à la Primaire UMP, le 4ème étage du 7 boulevard Sébastopol joue la carte de la souplesse. Plus de discours fixe, mais une succession de paragraphes écrits à l’avance et sélectionnés en direct pour être affichés sur son MacPad, dernier périphérique mobile d&#8217;Apple à la mode. Un travail d’écriture titanesque pour Éric Ramard son conseiller et son acolyte et assistant Arthur Degot.<br />
Dans le bureau au parquet grinçant sous les pas des deux hommes, la tension est perceptible. Clope sur clope, Éric scrolle frénétiquement le long de listes interminables de statuts d’internautes. Derrière un baron du net usant de sa petite influence pour partager sa dernière analyse politique absconse ou d’un simple inconnu publiant la prochaine missive de 140 caractères qui sera retransmise par 2000 personnes, se cache le même tag, le même sujet de conversation. Un tag que suit donc Éric en continu, esquintant des yeux déjà mi-clos sur l’écran de son portable.<br />
Le discours, prévu pour 19h, est dans quelques heures et le manque de paragraphes de transition l’inquiète. Il sait que lui, ne risque pas grand chose. Cette femme, sans cabinet de campagne encore quelques semaines plus tôt, était allée le chercher elle-même à la sortie de la fac, diplôme de communication politique en poche. Depuis, il avait réussi à presque tout lui imposer : Arthur, son camarade de promo. Leur conséquent salaire. Mais surtout cette idée complètement folle, d’un discours adaptable aux frémissements, aux murmures des réseaux sociaux. Sans jamais oublier pour autant que la candidate, c’était bien elle, Éric l&#8217;appelait donc 4 à 5 fois par jour pour affiner éléments de langage, citations de statuts, et spécificité de leur travail : les paragraphes de transition.</p>
</div>
<div class="sep"></div>
<div class="two-col">
<p>«Bon Éric, je l’appelle, il faut vraiment qu’on s’assure qu’elle soit prête à utiliser ces paragraphe de transition.<br />
— Non, non attends. Je vais l’appeler dans 10 minutes. Laisse moi m’en occuper, je dois lui demander quelque chose aussi.<br />
— Oui et puis, à cette heure là, elle est encore chez Channel non ?<br />
— Plutôt du Dior pour ce soir ! Ah ah ! Je vais faire comme si je n’avais rien entendu Arthur&#8230; Mais oui, choisir sa tenue la déstresse toujours avant un discours tu sais bien.»</p>
<p>Quelques paragraphes de transition plus tard, deux trois nouveaux signaux faibles identifiés sur les réseaux sociaux, et deux nouvelles clopes, Éric décroche son téléphone.</p>
<p>«Allo Rachida ? Oui. Désolé de te déranger mais il faut qu’on confirme quelques points avec toi pour ce soir. Déjà rien que les paragraphes de transition, on n’est pas sûr.<br />
— Comment ça vous êtes pas sûrs ? Éric, je te rappelle que je ne les reçois déjà qu’au dernier moment, si en plus vous n’êtes pas sûrs&#8230; Ca veut dire quoi ça ?<br />
— Non, non, Rachida, ne t’inquiète pas. Je me suis juste mal exprimé. Tout se passera très bien ce soir, mais il faut qu’on soit sûr que toi, tu puisses les enchaîner. Le passage des banlieues à l’agriculture comme tu l’avais suggéré, même s&#8217;il passerait bien sur les réseaux sociaux je pense, ça tient du grand écart d’après Arthur au niveau du discours.<br />
— Écoute Éric&#8230; Là je n’ai absolument pas le temps. Le discours est dans moins de 4h et j’ai encore des problèmes avec la salle et la Grande Chronique qui ne peut pas me recevoir demain pour l&#8217;instant. Donc je vous fais confiance. Si c’est écrit, je lirai. Ne me paumez pas et donnez moi une version de tous les paragraphes 30 minutes avant. Comme d’habitude.<br />
— Ok, ok. Je te remercie Rachida. À tout à l’heure.<br />
— À tout à l’heure Éric.»</p>
</div>
<div class="sep"></div>
<div class="bigpicture"><img src="http://www.maximeleroy.com/wp-content/uploads/2011/12/rachidator2.jpg" alt="" title="rachidator2" width="609" height="401" class="aligncenter size-full wp-image-811" /><br/>Où est mon MacPad ? Je commence dans 5 minutes ! (<a href="http://www.flickr.com/photos/michelbarnier/3487658465/" target="_blank">Source</a>)</div>
<div class="sep"></div>
<div class="two-col">
<p>Le discours commence dans 5 minutes. Les yeux d’Éric, en coulisse, ressemblent maintenant à deux petits noyaux de cerises. Il n’écoute presque plus Rachida, qui enchaine avec le stress, des plaisanteries de bien mauvais goût que l’on retrouvera dès demain dans une vidéo <em>en off</em> dont il devra se charger des répercussions. Elle fait les cents pas, son MacPad vissé dans ses mains, regardant Éric, accroupis, son ordinateur sur les genoux. Elle n’attend de lui qu’un simple signe de tête, un regard rassurant, comme si son ordinateur pouvait lui prédire l’issue de son discours dans un langage qu’elle ne connaissait pas. Éric, son conseiller bilingue de l&#8217;intervweb en somme.</p>
<p>«Éric c’est bon ? Qu’est-ce qu’ils racontent les gens sur les réseaux là ? On est bon ou pas ?<br />
— Hum&#8230; Ouais, ouais on est bon. Pour l’instant les signaux faibles sont toujours en accord avec nos  paragraphes de transition. Tu vas être géniale ce soir. Je te les envoie sur ton MacPad au fur et à mesure comme la dernière fois ok ?<br />
— Oui, oui, on fait comme ça. Je vous fais entièrement confiance à toi et Arthur, dit-elle en les fixant successivement leur regard. Vous m&#8217;avez imprimé une copie papier en cas de souci ?<br />
— Arthur ? Tu y as pensé ?<br />
— J&#8217;ai bossé sur les paragraphes de transition jusqu&#8217;à il y a encore 5 minutes Éric. Donc non, désolé Rachida, je n&#8217;y ai pas pensé.»
<p/>
<p>«Je vous fais entièrement confiance». Ou comment dire, en 2016, qu’elle n’avait plus aucune prise sur la révolution qu’avait subi son propre métier ces quelques dernières années. «Je vous fais entièrement confiance», pour ne pas avouer en fond : «Je ne maîtrise plus rien».</p>
<p>Le discours commence. Les paragraphes se succèdent, envoyés depuis l&#8217;ordinateur d’Arthur, sous l’oeil d’Éric qui continue de consulter les réseaux qui s’affolent depuis le début du discours.
<p/>
<p>«Envoie. Oui ça c’est bon continue. Envoie. Oui. Oui celui là aussi c’est bon. Envoie.»</p>
<p>La gymnastique optique d’Éric devient presque robotique entre l’écran d’Arthur et le sien. Jusqu’à l’instant où plisse son front, laissant réapparaître des yeux rouges et grands ouverts. Quelque chose semble accaparer son attention sur les réseaux. Une série de mauvais retours peut-être. Arthur qui doit pourtant enchaîner avec son accord, finit par le presser.</p>
<p>«Éric je fais quoi là j’envoie ?<br />
— Attends, attends.<br />
— Éric c’est l&#8217;avant dernier paragraphe d’avance, après elle n’a plus rien&#8230;<br />
— Oui Arthur ! Je t’ai dit 10 secondes ! Quelque chose ne va pas&#8230; On est en train de me ressortir un article du Monde sur le paragraphe sur les banlieues là. Une vidéo amateur où elle a tenu des propos à l’opposé de ce soir&#8230; Et merde putain ! Ça tourne déjà en boucle.<br />
— Éric dans quelques secondes elle n’a plus rien.<br />
— Merde, merde, merde. Attends, laisse moi réfléchir. Juste 2 secondes, laisse moi réfléchir.»</p>
<p>Éric tentant de perdre sa tête dans ses mains, trop petites pour cette fonction, quitte son écran des yeux pour la première fois de la soirée. Après un long soupir il se relève, abandonnant sa dissimulation impossible.</p>
<p>«Bon c’est foutu&#8230; Allez, passe sur l’agriculture. Tant pis, on tente le grand écart.<br />
— Éric&#8230;<br />
— Oui ?<br />
— Elle n’a rien eu sur son écran pendant 20 secondes.»</p>
</div>
<div class="sep"></div>
<div class="two-col">
<p>Le discours se clôt, quelques minutes plus tard. Éric et Arthur aperçoivent Rachida, qui les regarde sombrement, tentant de sortir de la scène, coincée par une meute de journalistes. Quand elle finit par les rejoindre, le verdict est sans appel :</p>
<p>«Qu’est-ce qui s’est passé ? Je veux savoir ce qui s’est passé ! On était d’accord les mecs, on avait dit pas de surprises. Merde ! Mais qu’est-ce qui vous a pris. Vous pensiez à quoi quand je me suis retrouvé sans rien ? Sans rien sur l’écran ! Je devais improviser peut-être ?<br />
— Écoute Rachida, ce n’est pas aussi simple, les&#8230;<br />
— Si ! Si justement c’était simple. Au contraire même, c’était très simple ! Je vous avais dit, un paragraphe après l’autre, et je n’ai rien eu pendant 20 secondes. J’ai failli passer pour une conne si je n’avais pas insisté et reformulé seule le dernier paragraphe de transition. Une conne.<br />
— Rachida&#8230; C’est plus compliqué comme je te disais. Les réseaux se sont emballés. Apparemment tu avais avancé une autre position sur les banlieues dans une vidéo amateur il y a un an à La Courneuve. J’ai du prendre le temps de voir comment ça évoluait en direct, et c’est pour ça que finalement qu&#8217;on a finalement décidé de repartir sur l’agriculture.<br />
— Oui bon, enfin l’agriculture ça s’est passé comment ? Il était gonflé cet élément de transition quand même ! Je vous avais dit de m’envoyer le script une demie-heure avant.<br />
— Je sais, je sais. Mais c’est pour ça qu’on t’a appelé cet après-midi. C’est toi qui nous avait suggéré ce paragraphe de transition. Les banlieues tu sais comment c’est chaud, il fallait pouvoir changer complètement en cas de pépin. Et regarde, tu as été géniale, on a 68% de retours positifs sur cette transition dont 12% de pollution seulement sur les réseaux. On a été en «Sujet à la Une» pendant 15 minutes.<br />
— Réellement ?<br />
— Oui je te jure, on ne parle que de ton intervention sur la nourriture bio et locale dans les cantines. Apparemment ça a beaucoup plu aux mères de famille, à la blogosphère gastronomique et monde agricole en même temps. Un vrai succès. Et regarde, ça ne s’arrête pas !<br />
— Bon donc finalement on s’en sort comment ?<br />
— Super bien je te le dis. Seulement 12% de pollution, c’est ton meilleur discours jusqu’ici.<br />
— Bon on en reparle demain, je suis épuisée là. Je vous remercie, mais ce soir de mon coté ça a été un fiasco. Si on est amené à reproduire l’exercice, je veux qu’on sécurise autrement l’envoi des paragraphes. Vous ne me refaites pas un coup pareil.»</p>
<p>Silencieux, impressionnés par la colère de Rachida, Arthur se taisait jusqu’à que sa cuisse vibre d’un appel de son portable, glissé dans sa poche. Il le sort, regarde l’écran, et décroche d’un air surpris. Quelques instants plus tard. Il décolle le portable de son oreille.</p>
<p>«Rachida&#8230; Rachida.<br />
— Oui Arthur, une seconde, si c’est un journaliste je respire là. Dis lui de rappeler dans 5 minutes ok ?<br />
— Rachida, c’est Ali Badou de la Grande Chronique, il veut que tu sois l’invité de demain soir.»</p>
<p>Rachida n’arrivant que peu à dissimuler son sourire aux deux hommes, tend la main avec un regard de chipie à Arthur pour qu&#8217;il lui donne le téléphone. Elle bredouille quelques phrases pour remercier le présentateur et raccroche.<br />
«Bon. Bon. Je crois que j’ai encore un peu d’énergie. Je vous invite au restaurant  finalement ?»</p>
</div>
<div class="sep"></div>
<div class="bigpicture"><img src="http://www.maximeleroy.com/wp-content/uploads/2011/12/rachidator3.jpg" alt="" title="rachidator3" width="650" height="512" class="aligncenter size-full wp-image-808" /><br/>(<a href="http://www.flickr.com/photos/galinette/2849855381/in/photostream/" target="_blank">Source</a>)</div>

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		<title>La collecte participative de données (fr)</title>
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		<pubDate>Tue, 20 Sep 2011 00:18:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maxime</dc:creator>
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		<category><![CDATA[collaborative lifestyles]]></category>
		<category><![CDATA[crisis]]></category>
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		<description><![CDATA[Le mouvement "Open data" de libération des données évolue. Dans un contexte de crise, les citoyens passent progressivement de la simple exploitation à la collecte de leurs propres données.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="intro">
<p>De nombreuses villes se tournent vers les promesses de l’Open data, en libérant les données des services à leur charge. Cette libération permettra ensuite à des start-ups, des hackers, ou de simples citoyens de créer de nouveaux services qui rendent la ville plus transparente, plus accessible et au final plus intelligente.<br />
Ce mouvement lié à la libération de l’accès aux données existantes, est en train d’évoluer. Les citoyens, sont progressivement en train de passer de l’état de simple exploitant à celui de collecteur de leurs propres données.<br />
La collecte citoyenne et participative de données, facilitée par la quantité de capteurs et de systèmes de géolocalisation de nos appareils mobiles, répond à deux situations. Il peut s’agir de données plus ou moins consciemment fournies par l’utilisateur d’un service (type Foursquare, Twitter). Il peut également s’agir d’un acte d’information conscient et citoyen. Cette action étant aujourd’hui la plus présente dans une situation de crise.
</p>
</div>
<div class="sep"></div>
<div class="two-col">
<p><strong>L’accident nucléaire de Fukushima</strong>. Le <a href="http://www.kickstarter.com/projects/1038658656/rdtnorg-radiation-detection-hardware-network-in-ja" title="RDTN.org/ Radiation Detection Hardware Network in Japan by Marcelino Alvarez — Kickstarter" target="_blank">projet RDTN.org</a> (pour “radiation”) aujourd’hui renommé Safecast naît peu de temps après l’accident nucléaire de la centrale de Fukushima. Son objectif, développer un réseau de collecte des niveaux de radiations au Japon. Cet effort va se concrétiser autour de différentes actions :  l’achat de compteurs Geiger, la formation de volontaires à la collecte de données issues de ces compteurs, la publication de ces données sur le site et sur <a href="https://pachube.com/feeds/28866" title="Safecast - Pachube" target="_blank">Pachube</a> dans <a href="http://creativecommons.org/publicdomain/zero/1.0/" title="Creative Commons — CC0 1.0 Universal" target="_blank">un format ouvert</a>, ainsi que la fabrication d’un compteur grand public pour l’iPhone, le iGeiger. Des cartes issues de ces collectes sont alors rapidement publiées <a href="http://maps.safecast.org/" title="Maps - Safecast" target="_blank">sur le site</a> et permettent de visualiser avec précision l’étendue des dégâts radioactifs de l’accident.</p>
<p><img src="http://maximeleroy.com/wp-content/uploads/2011/09/rdtn-igeiger.jpg" alt="RDTN.org - iGeiger" title="rdtn-igeiger" width="450" height="602" class="alignnone size-full wp-image-686" /><span class="legend"><a href="http://www.flickr.com/photos/seanbonner/5638660159/in/pool-1678295@N23/" title="RDTN.org - iGeiger" target="_blank">RDTN.org &#8211; iGeiger</a></span></p>
<p>Ce sentiment de manque d’information, se trouve à <a href="http://www.uncorkedstudios.com/blog/2011/03/21/72-hours-from-concept-to-launch-rdtn-org/" title="72 Hours From Concept to Launch/ RDTN.org | Uncorked" target="_blank">l’origine du site Safecast</a> créé par Marcelino Alvarez, habitant sur la cote ouest des États-Unis et soucieux de l’arrivée du nuage radioactif. Il écrit sur son blog :</p>
<blockquote><p>“News outlets aren’t capable of reporting multiple points of data in a quick and efficient manner. I wanted more than infographics, diagrams, and looped videos of the tsunami. I wanted to know how much radiation was affecting the various parts of Japan”<span class="author">— Marcelino Alvarez</span></p></blockquote>
<p><br/><br />
On se rappelle également que la société exploitant la centrale, TEPCO, aura mis beaucoup de temps avant de fournir ses premiers relevés, et <a href="http://search.japantimes.co.jp/cgi-bin/nn20110810f2.html" title="Radiation forecasts ignored; Namie not warned | The Japan Times Online" target="_blank">ceux de l’organisation gouvernementale SPEEDI auront été ignorés</a> par le gouvernement lors de l’évacuation.</p>
</div>
<div class="sep"></div>
<div class="two-col">
<p><strong>Les émeutes en Grande Bretagne</strong>. Conséquence à nouveau, de l’absence ou du manque d’information concernant les récentes émeutes de Londres, des projets de collectes et de synthèse s’organisent. En utilisant Google Maps, James Cridland va <a href="http://maps.google.co.uk/maps/ms?msid=207192798388318292131.0004aa01af6748773e8f7&#038;msa=0&#038;ll=52.736292%2C-3.208008&#038;spn=5.296399%2C14.227295" title="Initial London riots / UK riots - Google Maps" target="_blank">agréger les témoignages</a> de ces émeutes publiées sur les réseaux sociaux en les croisant avec les news des médias traditionnels. Il explique <a href="http://james.cridland.net/blog/mapping-the-riots/" title="Mapping the riots - James Cridland" target="_blank">sur son blog</a> le processus de cette agrégation et la difficulté de s’accorder sur la signification d’une “source fiable”. Utilisant la plate-forme Ushahidi, un autre projet, <a href="http://brixton811.crowdmap.com/" title="Brixton incident map - Ushahidi" target="_blank">Brixton incident map</a>, se met en place. Son slogan est limpide :<br />
<blockquote>“Because the &#8220;real media&#8221; isn&#8217;t reporting fast enough”<span class="author">— Brixton incident map</span></p></blockquote>
<p>
La collecte repose ici également sur la possibilité de reporter via Twitter un incendie, des vitrines brisées, un acte violent ou une intervention de la police mais aussi, spécificité de la plate-forme Ushahidi, par SMS.</p>
<p>Rapidement, The Guardian, média traditionnel reconnu pour son avancée dans le domaine du datajournalisme va mettre en place <a href="http://www.guardian.co.uk/news/datablog/interactive/2011/aug/09/uk-riots-incident-map" title="UK riots/ every verified incident - interactive map | News | guardian.co.uk" target="_blank">sa propre cartographie des émeutes</a>. Celle-ci repose sur un travail journalistique de qualité où le Guardian reporte géographiquement les incidents couverts par leur journal, par d’autres médias ainsi que par les rapports de police. Chaque incident est décrit et détaillé avec précision, indiquant la date, l’heure et la source vérifiée.<br />
Le travail de collecte de données ne s’est pas arrêté cependant à la simple cartographie des émeutes. Dès les jours suivants, deux initiatives sont nées du besoin d’organiser l’aide bénévole des londoniens. Qu’il s’agisse de <a href="http://ukriotcleanup.crowdmap.com/" title="UK riots clean-up - Ushahidi" target="_blank">UK Riots Cleanup</a>, utilisant de nouveau la plate-forme Ushahidi, ou <a href="http://www.delootlondon.co.uk/" title="DeLootLondon.co.uk" target="_blank">DeLoot London</a> sur Google Maps, on y trouve toutes les informations nécessaires à la relance de l’économie des magasins endommagés ou aux opérations de nettoyage. Ces initiatives étant principalement liées à l’agrégation des actions annoncés sur twitter avec les tags <a href="http://twitter.com/#!/search?q=%23riotcleanup" title="#riotcleanup - Twitter" target="_blank">#riotcleanup</a> et <a href="http://twitter.com/#!/search?q=%23riotwombles" title="#riotwombles - Twitter" target="_blank">#riotwombles</a>.</p>
</div>
<div class="sep"></div>
<h3>Un travail d’exploitation, de réflexion</h3>
<div class="two-col">
<p>Le libre téléchargement des données du Gardian va permettre à Nick Evershed de réaliser une animation visualisant le développement des émeutes. Un premier travail d’exploitation donc, qui améliore et complète déjà la lecture de la carte originale.<br />
Au sein du Guardian, la carte originale est reprise et combinée à celle sur la “Deprivation” (pauvreté) également réalisée par le journal. Ce <a href="http://www.guardian.co.uk/news/datablog/interactive/2011/aug/10/poverty-riots-mapped" title="Mapping the riots with poverty | News | guardian.co.uk" target="_blank">premier travail de mashup</a> vise à proposer une première réflexion, visuelle, sur l’origine de ces émeutes.<br />
Dans la même lignée la carte réalisée par James Critland est réutilisée dans <a href="http://james.cridland.net/blog/london-riots-plus-deprivation-interesting/" title="London riots plus deprivation = interesting - James Cridland" target="_blank">un travail similaire</a>, utilisant cette-fois ci les données de l’index de “Multiple Deprivation” disponible au téléchargement sur la plate-forme <a href="http://data.gov.uk/dataset/index-of-multiple-deprivation" title="Index of Multiple Deprivation | data.gov.uk" target="_blank">data.gov.uk</a>. Encore une fois, cette réflexion visuelle propose déjà d’intéressantes corrélations, seulement quelques jours après les événements.</p>
<p>De son coté, le projet Safecast a depuis étendu son champ d’investigation puisque les fondateurs souhaitent désormais collecter des données liées au climat, aux vents, aux précipitations. Au Japon comme ailleurs. Il est bien évident que leurs données fournies sous licence “domaine public” de Creatives Commons seront bientôt ou sont déjà exploitées, combinées et complétées dans d’autres travaux.</p>
</div>
<div class="sep"></div>
<h3>Google Maps, Ushahidi : des plates-formes de plus en plus accessibles</h3>
<div class="two-col">
<p>La grande accessibilité de Google Maps pour la réalisation de cartographies est un des facteurs principaux de l’émergence de la collecte de données en situation de crise. Le service est en effet gratuit, hébergé par Google, simple à mettre à jour et basée sur un service et donc une interface déjà utilisée dans un contexte quotidien.</p>
<p>La plate-forme Ushahidi, pousse encore plus loin la diversité des méthodes de collecte et l’accessibilité de la démarche. La possibilité d’ajouter automatique des données par SMS, email, tag twitter et formulaire web, augmente le nombres de collecteurs potentiels, chaque utilisateur pouvant utiliser son outil favori pour participer à l’effort collectif.
<p/>
<p>
<blockquote>“The Ushahidi engine is there for “everyday” people to let the world know what is happening in their area during a crisis, emergency or other situation. Bringing awareness, linking those in need to those who can assist,and providing the framework for better visualization of information graphically.”<span class="author">— Ushahidi</span></p></blockquote>
<p>Même si la carte reste une des visualisations les plus évidentes, la plate-forme Ushahidi propose également une visualisation dans le temps proche du travail de Nick Evershed sur les émeutes de Londres.<br />
Enfin Ushahidi peut-être utilisée directement via la version hébergée par l’organisation et nommée Crowdmap, ou installée sur les propres serveurs des initiateurs d’une collecte de données.<br />
Ushahidi qui signifie “témoin” ou “témoignage” en Swahili, compte déjà de nombreuses initiatives historiques : <a href="http://www.fastcompany.com/1677605/while-kenya-votes-ushahidi-does-its-part" title="While Kenya Votes, Ushahidi Does Its Part | Fast Company" target="_blank">la cartographie des violences liées aux élections au Kenya en 2008</a>, <a href="http://haiti.ushahidi.com/" title="Haiti Earthquake 2010" target="_blank">le tremblement de terre à Haïti en 2010</a>, les “Révolutions Arabes” de 2011 en Égypte, Tunisie et Libye, ainsi que <a href="http://syrianspring.crowdmap.com/" title="Syrian Spring 2011" target="_blank">le Printemps Syrien</a> ou encore <a href="http://www.sinsai.info/" title="Sinsai.info" target="_blank">le processus d’aide humanitaire au Japon après le tsunami</a>.</p>
<p>Cette plate-forme dont l’équipe comprend des volontaires issus des champ des Droits de l’Homme ou du développement informatique est principalement située en Afrique, origine de a création. Présenté à TED <a href="http://www.ted.com/talks/erik_hersman_on_reporting_crisis_via_texting.html" title="Erik Hersman on reporting crisis via texting | Video on TED.com" target="_blank">par Erik Hersman</a> et à Lift France 2011 par Juliana Rotich (<a href="http://twitter.com/#!/afromusing" title="@afromusing - Twitter" target="_blank">@afromusing</a>) l’organisation travaille aujourd’hui sur SwiftRiver, une initiative visant à créer un système open-source de filtration des données, d&#8217;algorithmes de vérification de ces même données et enfin d’analyse sémantique. Le tout, toujours destiné au plus grand public.</p>
<p><iframe src="http://videos.liftconference.com/v.ihtml?token=252ca09d8ba965e3ce4d6dc10d9a5aee&#038;photo%5fid=3323566" width="450" height="320" frameborder="0" border="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p>On notera sur la carte officielle d’Ushahidi, qu’aucune initiative ne semble encore avoir utilisée la plate-forme en France&#8230;</p>
</div>

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		</item>
		<item>
		<title>(Re)financer la création, vers un modèle collaboratif (fr)</title>
		<link>http://www.maximeleroy.com/2011/refinancer-la-creation-vers-un-modele-collaboratif/</link>
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		<pubDate>Sat, 10 Sep 2011 12:51:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maxime</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[art & design]]></category>
		<category><![CDATA[collaborative lifestyles]]></category>
		<category><![CDATA[crowdfunding]]></category>
		<category><![CDATA[web]]></category>

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		<description><![CDATA[Comment Kickstarter et les autres plates-formes participatives en ligne deviennent des sources sûres de financement pour la création.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="intro">
<p>Qu’ont en commun <a href="http://www.kickstarter.com/projects/tpbafk/tpb-afk-the-pirate-bay-away-from-keyboard" title="TPB AFK: The Pirate Bay – Away From Keyboard" target="_blank">un documentaire sur les créateurs du site web The Pirate Bay</a>, <a href="http://www.kickstarter.com/projects/simplescott/designing-obama?ref=live" title="Designing Obama" target="_blank">un livre sur le design de la campagne d’Obama</a>, <a href="http://www.kickstarter.com/projects/OurGoods/trade-school-0" title="Trade School" target="_blank">une école alternative dans le Lower East Side à New York</a> ou encore <a href="http://www.kickstarter.com/projects/196017994/diaspora-the-personally-controlled-do-it-all-distr?ref=live" title="Decentralize the web with Diaspora" target="_blank">un réseau social ouvert</a> créé par des étudiants ? Tous ces projets ont été financés par des particuliers, des passionnés, ou des anonymes. Ces projets ont tous pu voir le jour grâce à la plate-forme <a href="http://www.kickstarter.com/" title="Kickstarter" target="_blank">Kickstarter</a> : un site web lancé à New York en 2009 permettant de lever des fonds pour financer toute initiative créative. Depuis, le site s’est imposé comme le leader de ce nouveau modèle de financement participatif en ligne et la clé de son succès original reste la même : faire se rencontrer, grâce à internet, des milliers de micro-créateurs avec leur micro-publics.</p>
</div>
<div class="sep"></div>
<h3>Kickstarter : une plate-forme qui propose des outils d&#8217;engagement.</h3>
<div class="two-col">
<p>Kickstarter repose sur une plate-forme en-ligne permettant de créer une campagne de financement de projet créatif. En apparence il pourrait s’agir d’un système de don tel que le propose Paypal. Pourtant il s’agit d’une aventure bien différente, où les créateurs de chaque projet disposent d’outils pour engager leur public. Comme l’indique le site (en anglais)<br />
<blockquote>“Projects are primarily funded by the friends, fans, and communities around its creator”<span class="author">— Kickstarter</span></blockquote/></p>
<p>La création d’une campagne de financement commence par une simple page où le projet est décrit succinctement. Le ou les créateurs y indiquent les rétributions et récompenses qu’ils souhaitent proposer selon la hauteur du parrainage financier et comment trouver plus d’informations sur le projet. Cette proposition est ensuite revue par Kickstarter qui en validant le projet donne accès à ces créateurs aux outils d’engagements de leur communauté.</p>
<p>Il peut s’agir de donner des nouvelles sur le projet soit à tout le monde, soit uniquement aux parrains financier. Ou encore de partager le projet et l’objectif financier à atteindre via Twitter ou Facebook. Simon Klose, créateur du documentaire “The Pirate Bay – Away From Keyboard” qui a atteint le double de son objectif initial de financement, <a href="http://www.kickstarter.com/projects/tpbafk/tpb-afk-the-pirate-bay-away-from-keyboard/posts" title="The Pirate Bay – Away From Keyboard (UPDATES)" target="_blank">donne régulièrement des nouvelles du projet</a> depuis août 2010. La plupart de ses mises à jour sont commentées.<br />
La plate-forme permet donc de créer une communauté d’intérêt autour d’un projet qui dépasse le simple enjeu financier et permet d’engager réellement les actuels ou futurs parrains financiers. Il s’agit également de créer une relation de confiance : <a href="http://www.simplescott.com/" title="SimpleScott" target="_blank">Scott Thomas</a> auteur du livre <i><a href="http://www.designing-obama.com/" title="Designing Obama" target="_blank">Designing Obama</a></i> a également utilisé ce système de nouvelles proposé par Kickstarter. Cependant il avait même poussé encore plus loin cet échange via son blog personnel où il discutait régulièrement avec ses lecteurs autour de l’impression de l’ouvrage par exemple (Nicolas Vanbremeersch, est revenu sur le blog de Spintank sur <a href="http://www.spintank.fr/designing-obama-un-livre-participatif/" title="Spintank » Designing Obama, un livre participatif.webarchive" target="_blank">cette relation particulière</a> créée entre Scott Thomas, et ces 1312 souscripteurs).</p>
<p><img src="http://maximeleroy.com/wp-content/uploads/2011/09/design-obama-1.jpg" alt="Designing Obama - The final book" title="design-obama-1" width="450" height="338" class="alignnone size-full wp-image-629" /><span class="legend">Designing Obama &#8211; The final book</span></p>
</div>
<div class="sep"></div>
<h3>Kickstarter : une équipe qui accompagne, séléctionne et promeut chaque projet.</h3>
<div class="two-col">
<p>Kickstarter propose plus qu’une plate-forme de financement soutenue par des outils de communication et d’engagement. Le site, comme un magazine, met en avant un certain nombre de projets qui nécessitent, selon l’équipe, d’être financés. Il s’agit d’un vrai travail de modération, de sélection et d’accompagnement. Ayant connaissance des ambitions de chaque projet, Kickstarter a su créer de véritables leviers d’incitation au financement comme la page d’accueil du site, leur <a href="http://www.kickstarter.com/blog" title="The Kickstarter Blog" target="_blank">blog</a>, ou leur <a href="http://www.kickstarter.com/newsletters/42" title="Kickstarter Weekly Newsletter" target="_blank">newsletter</a> hebdomadaire.</p>
<p><img src="http://maximeleroy.com/wp-content/uploads/2011/09/kickstarter-awards.png" alt="Kickstarter Awards" title="kickstarter Awards" width="450" height="264" class="alignnone size-full wp-image-613" /><br />
<span class="legend">Kickstarter Awards</span></div>
<div class="sep"></div>
<h3>Le nouveau rôle du design</h3>
<div class="two-col">
<p>Kickstarter, s’applique à transposer à la création, au sens large, un modèle collaboratif, de pair à pair. Ce modèle comme on a pu le découvrir avec le téléchargement en P2P, s’étend aujourd’hui jusqu’au monde financier avec le crédit collaboratif, justement nommé Peer to Peer Banking (l’exemple le plus connu étant le site britannique <a href="http://uk.zopa.com/ZopaWeb/" title="Zopa UK Loans" target="_blank">Zopa</a>). Autre exemple, en France, avec le site l’<a href="http://www.ledito.com/" title="L,'Édito, création et vente de meubles sur mesure en bois fabriqués en France" target="_blank">Edito</a> qui permet d’investir dans l’édition de mobilier et de percevoir ainsi des royalties proportionnelles à l’investissement.</p>
<p>Ces nouveaux services dépassent donc le design d’un objet, d’un espace ou d’une interface. Il s’agit pour Kickstarter de proposer un service qui permettra ensuite à d’autres de développer leurs propres projets, de devenir eux-même des acteurs créatifs. Le rôle du designer est donc amené à évoluer. Ces services collaboratifs qui sont expliqués et regroupés par Rachel Botsman dans le livre <i><a href="http://collaborativeconsumption.com/" title="What’s Mine is Your: The Rise of Collaborative Consumption" target="_blank">What’s Mine is Yours: The Rise of Collaborative Consumption</a></i> et par <a href="http://Shareable.net/" title="Shareable: Sharing by design" target="_blank">le magazine Shareable</a>, nécessitent une nouvelle approche, un nouveau rôle du design. L’attention du designer se porte sur la création d’un environnement et des outils propices à l’interaction et à la collaboration entre les utilisateurs d’un service. Pour Kickstarter cela se traduit par la capacité à connecter, via leur plate-forme web, créateurs et souscripteurs. Pour <a href="http://www.airbnb.com/" title="AirBnB, find a place to stay" target="_blank">AirBnB</a> il s’agit de connecter voyageurs et particuliers avec une chambre vacante. Ou, pour l’exemple du Peer to Peer Banking, des particuliers disposant de ressources financières, à d’autres particuliers en recherche d’un crédit.</p>
<p>Or créer cet environnement et les outils qui lui sont dédiés nécessitent de s’attacher en permanence à l’activité de ses utilisateurs collaboratifs. S’assurer que telle fonction de Kickstarter permet au projet Diaspora, alternative open-source à Facebook, <a href="http://www.kickstarter.com/projects/196017994/diaspora-the-personally-controlled-do-it-all-distr/posts/19446" title="Decentralize the web with Diaspora (UPDATES)" target="_blank">de détailler le récit du développement</a> de tout projet web. Ou encore pour les fondateurs de Trade School, une école alternative à New York, de <a href="http://www.kickstarter.com/projects/OurGoods/trade-school-0/posts/30780" title="Trade School by OurGoods » Where should Trade School be? — Kickstarter" target="_blank">sonder ses souscripteurs</a> pour trouver l’endroit le plus approprié pour organiser ses cours.</p>
<p>Kickstarter prend donc ici le rôle d’un incubateur qui permet à des artistes ou de jeunes designers de se lancer avec plus de souplesse, et avec un soutien directement issu de personnes financièrement impliquées dans la réussite du projet. Cela est d’autant plus vrai après une crise économique qui a montré les limites d’un système où l’intérêt à investir prime sur l’intérêt vis à vis du projet lui-même. Kickstarter ne propose pas de dividendes aux souscripteurs du projet, mais la promesse, unique, de faire partie de la communauté qui a permis de donner vie au projet. Le processus, complexe, de création d’un ouvrage littéraire comme celui de Scott Thomas “Designing Obama” a présenté de nombreux <a href="http://www.kickstarter.com/projects/simplescott/designing-obama/posts/14880" title="Designing Obama by Scott Thomas » More on shipping — Kickstarter" target="_blank">défis</a> qui aurait sans doute remis en cause le projet, sans l’aide de la communauté d’intérêt qu’il a su mobiliser grâce à Kickstarter. De telles plates-formes de services collaboratifs doivent donc s’attacher à la résilience de leur outils et par conséquent à leur mise à jour constante au regard des projets à succès comme de ceux qui n’ont pu être réalisés, ou dont le financement n’a jamais été atteint.</p>
<p><img src="http://maximeleroy.com/wp-content/uploads/2011/09/design-obama-2.jpg" alt="Designing Obama - The Editing Process" title="designing-obama-2" width="450" height="300" class="alignnone size-full wp-image-611" /><br />
<span class="legend">Designing Obama &#8211; The editing Process</span></div>
<div class="sep"></div>
<div class="two-col">
<p>Kickstarter ne se résume pas à une simple plate-forme de financement participatif de la création. Ce service est un véritable environnement (plate-forme, newsletter, blog, connections aux réseaux sociaux, etc.) ayant pour vocation d’encourager et de faciliter le financement de la création et au-delà, le processus créatif. Un nouveau modèle collaboratif à l’opposé du fonctionnement des maisons de disques, qui n’investissent la communauté d’intérêt liée à l’artiste que dans un processus de consommation. Un modèle de pair à pair qui semble d’ailleurs déjà avoir un équivalent français, <a href="http://www.ulule.com/" title="Make good things happen - Ulule" target="_blank">Ulule</a>, avec <a href="http://www.ulule.com/des-delices-a-bean-city/" title="Delicacies in Bean City - Ulule" target="_blank">des projets plus francophones</a>. Un modèle proposant donc une réelle alternative de financement de la création, à l’opposé des initiatives gouvernementales telle que la HADOPI, autorité destinée à maintenir un système qui ne parvient plus à rétribuer équitablement la création.</p>
</div>

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		</item>
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		<title>Lift France 10 : entre explosion des données et vie privée</title>
		<link>http://www.maximeleroy.com/2010/lift-france-10-entre-explosion-des-donnees-et-vie-privee/</link>
		<comments>http://www.maximeleroy.com/2010/lift-france-10-entre-explosion-des-donnees-et-vie-privee/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 23 Aug 2010 16:55:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maxime</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[data]]></category>
		<category><![CDATA[infovis]]></category>
		<category><![CDATA[lift france]]></category>
		<category><![CDATA[privacy]]></category>

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		<description><![CDATA[La seconde édition de l'événement Lift France qui a eu lieu à Marseille en juillet dernier s'est intéressée aux usages et enjeux des nouvelles technologies en 2010.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="intro">
<p>Marseille a accueilli, en juillet dernier, la deuxième édition de Lift France 10, événement organisé par Lift et la FING (Fondation Internet Nouvelle Génération). Cet événement a été l’occasion de découvrir d’intéressantes expériences, tendances et réflexions autour des nouvelles technologies et de leurs usages. Les interventions se sont concentrées autour de grands thèmes, comme l&#8217;expansion des mouvements d’Open Data, la multiplication des FabLabs ou encore les problématiques de la vie privée sur internet. Lift France 10 est parvenu, avec brio, à mêler information, réflexion et découvertes. En voici les trois points principaux.</p>
</div>
<div class="sep"></div>
<h3>Open Data et ville numérique.</h3>
<div class="two-col">
<p><img src="http://maximeleroy.com/wp-content/uploads/2010/09/lift10-welcome.jpg" alt="Lift France 2010 - Welcome" title="lift10-welcome" width="450" height="301" class="alignnone size-full wp-image-680" /><span class="legend">Lift France 2010 &#8211; Welcome by <a href="http://www.flickr.com/photos/fondationinternetnouvellegeneration/4786839864/in/set-72157624300670167/" target="_blank" alt="Photos FING">photosfing</a></span></p>
<p>La première matinée de conférence de Lift10 fut consacrée au mouvement de l’Open Data et à son impact dans la ville. Ce mouvement repose sur la volonté de rendre accessible aux citoyens, gratuitement, les données issues de services, d’administrations et d’organisations, ceci afin de favoriser la création de services et d’applications innovantes. Ce mouvement fut donc logiquement présenté à tour de rôle par des intervenants issus du monde politique comme Sam Pitroda, conseiller du Premier Ministre indien (Public Information, Infrastructure &#038; Innovations), par des évangélistes de l’Open Data dans l’espace urbain, comme Hugues Aubin, pour la métropole de Rennes, ou encore d’entreprises comme Nokia, représentée par son Directeur de la Recherche, Jan Blom. Ces différentes interventions ont permis d’identifier le processus de mise en place d’un mouvement d’Open Data au sein d’un gouvernement ou d’une ville, et de mettre l’accent sur ses différentes étapes et obstacles, comme la diversité de formats, souvent propriétaires des données émises par de multiples organismes. Cela a été l’occasion, également, de comprendre l’importance de données rendues anonymes dans une perspective de respect de la vie privée sur laquelle tous les intervenants ne s’accordaient pas parfaitement.<br />
Enfin, l’intervention de Fabien Girardin, chercheur et ingénieur au Lift Lab, a permis de mieux comprendre l’espace urbain via cette explosion des données. Un espace urbain composé de deux calques : un espace purement géographique, composé par les rues, les lignes de transports, les découpages administratifs, etc., et un autre créé et alimenté par les données issues des services de transports, d’États, de la police, ou encore d’applications mobiles de géolocalisation, comme Foursquare. La combinaison de ces deux couches rend ainsi possible la création de services et d’interfaces permettant, par exemple, de visualiser le trafic en temps réel, de consulter une cartographie des homicides par quartier, comme pour celle de la ville de New York, réalisée par le New York Times, ou dans un registre plus joyeux, celle des concerts de la Fête de la Musique. Il s’agit donc de contextualiser des données virtuelles sur un espace géographique. C’est là tout l’enjeu du mouvement de l’Open Data présenté à Lift France 10.</p>
<p><iframe frameborder="0" width="450" height="256" src="http://www.dailymotion.com/embed/video/xeay61"></iframe><br /><a href="http://www.dailymotion.com/video/xeay61_hugues-aubin-open-public-data-lift_tech" target="_blank">Hugues Aubin &quot;Open public data&quot; (Lift France10 FR)</a> <i>par <a href="http://www.dailymotion.com/liftconference" target="_blank">liftconference</a></i></p>
</div>
<div class="sep"></div>
<h3>Visualisation d’informations, comment maîtriser la complexité ?</h3>
<div class="two-col">
<p>Une autre thématique, particulièrement liée à la précédente et introduite à Lift France 10 par Manuel Lima, fondateur du site VisualComplexity.com, visait à introduire la science plutôt récente de la représentation de ces données, toujours plus complexes. Comment représenter avec efficacité des flux de données de plusieurs millions d’entrées et comment choisir les bons filtres pour les analyser ? Manuel Lima a consacré son Master Design &#038; Technology à l’université de Parsons, à New York, à l’étude de cette thématique et en présentait donc les bonnes pratiques et tendances : l’analyse des données brutes pour identifier les filtres les plus pertinents, ou l’explosion des représentations circulaires permettant de montrer les relations entre différents éléments repartis sur le diamètre d’un cercle. Un domaine autant lié à la science qu’au design, et qui a encore de belles années devant lui.</p>
<p><img src="http://maximeleroy.com/wp-content/uploads/2010/08/lift10-amphitheatre.jpg" alt="Lift France 2010 - L'amphithéâtre" title="lift10-amphitheatre" width="450" height="301" class="alignnone size-full wp-image-684" /><span class="legend">Lift France 2010 &#8211; L&#8217;amphithéâtre by <a href="http://www.flickr.com/photos/fondationinternetnouvellegeneration/4786850720/in/photostream/" target="_blank" alt="Photos FING">photosfing</a></span></p>
</p>
</div>
<div class="sep"></div>
<h3>Vie privée et internet</h3>
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<p>Le débat sur la menace et, par conséquent, la gestion de la vie privée à l’heure de l’internet a été débattu à Lift France 10 par Daniel Kaplan, fondateur et directeur de la FING, Adriana Lukas, créatrice du projet The Mine! et par Alma Whitten, Privacy engineering lead, chez Google.<br />
Daniel Kaplan a commencé par expliquer l’archaïsme des lois sur la vie privée, presque toutes vieilles de 30 ou 35 ans et issues d’une économie où les données numériques n’existaient pas, pour finalement conclure sur l’importance de la vie privée en ce quelle nous permet justement de médiatiser ce qui est public. Car, à l’heure du tout public, comment mettre en avant un élément que l’on souhaite promouvoir ou, à contrario, un autre que l’on souhaite rendre confidentiel ? C’est impossible. La vie privée est donc à la fois la base de la vie privée et de la vie publique. Alma Whitten a expliqué, avec moins de succès, le rapport de Google sur cette question et est restée particulièrement concentrée sur l’opportunité de créer des suggestions publicitaires uniques pour chaque utilisateur sur la base de ses données privées : recherches, mails, etc. Un rapport similaire à celui du créateur de Facebook, Mark Zuckerberg, pour qui tout doit devenir public. Pourtant, des alternatives se construisent. On pensera justement au réseau social open-source Diaspora (en construction) hébergé par l’utilisateur lui-même ou au projet The Mine!, que présentait Adriana Lukas à Lift France 10. The Mine! vise à créer un outil permettant, selon l’idée de Daniel Kaplan, de décider sur internet, en temps réel, des éléments que nous souhaitons rendre publics lors de l’utilisation de sites web comme Amazon, Google, etc.</p>
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<p>Cette année, Lift France 10 aura su présenter avec ingéniosité et ce, grâce à la diversité de ses intervenants, des thématiques et des tendances de l’économie numérique qui seront, pour les prochaines années, de véritables enjeux économiques, sociaux et politiques : comment développer des stratégies d’Open Data dans les villes, tout en conservant la vie privée des habitants de ces mêmes villes, premiers créateurs de données au quotidien, et comment représenter ces flux de données toujours plus complexes, pour en rendre la lecture accessible au plus grand public.</p>
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		<title>L&#8217;École de design en feu : l&#8217;information en temps réel sur les réseaux sociaux (fr)</title>
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		<pubDate>Sat, 05 Jun 2010 13:02:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maxime</dc:creator>
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		<description><![CDATA[État des lieux du processus d’information lors de incendie de l’École de design où les réseaux sociaux sont largement pratiqués par les étudiants et enseignants.]]></description>
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